« Fan » ou « follower »

On peut écrire dans un but thérapeutique.  Coucher sur papier des mots qu’on ne prononcerais pas.  Nous obliger à penser et structurer des idées par rapport à des expériences douloureuses qu’on a toujours eues comme réflexe de se cacher à soi-même et d’enfouir au plus profond de notre mémoire.

La chose est valable.  Parfois même nécessaire.

Mais on peut aussi vouloir écrire pour dire, par envie que les autres entendent ce que l’on a à exprimer.  Des idées, des histoires, des rimes, des techniques, des recettes.  Pour devenir auteur, en sorte.

Pour se faire entendre dans le monde maintenant numérique, il s’agit alors de « construire » un lectorat.  À cet effet, il s’agit de multiplier les canaux de diffusion sur lesquels on publie :  page Facebook, Twitter, Instagram, chaîne Youtube, sites ou blogues, etc.  On peut davantage s’exposer en publiant sur des plateformes à cette fin littéraire.  Plus on est présent, plus il y a de chances que l’on se fasse lire, que l’on intéresse qui lit.  Plus on accroîtra le nombre de nos « fans » et « followers ».

En ce qui me concerne, je fais une énorme différence entre un « fan » et un « follower ».  Les deux m’apparaissent comme des espèces qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

Le « follower » est celui qui suit.  Au Québec, on dirait un « suiveux ».  Le terme est péjoratif.  Un « suiveux » représente une personne qui n’a pas de colonne vertébrale, qui ne sait pas réfléchir par elle-même, qui s’accroche à une bouée, qui attend qu’on lui dise quoi faire, comment agir dans une situation.  Bref, un mouton.  Ces « followers » se caractérisent également par le fait qu’ils ne sont pas fidèles.  À tout moment, et pour quelque raison que ce soit, ils peuvent décider de suivre un autre leader.  Ils consomment la tendance du moment. 

Comme auteur, pour ce genre de lecteurs, tu deviens alors une espèce de gourou, de maître à penser.  Tu entres alors dans un piège :  celui de nourrir continuellement ton troupeau.  De devoir sans arrêt écrire et alimenter la page à lire du « follower ».  Les idées comme produit de consommation.

Le « fan » lui se trouve à l’opposé.  Une personne curieuse, continuellement à la recherche d’un point de vue original, éclairant; d’éléments qui peuvent alimenter sa réflexion et sa quête personnelle.  Un individu capable de critique, de nuances dans le jugement ou dans l’appréciation d’une opinion.  Un être qui garde toujours une distance entre lui et l’autre, qui ne se soumet jamais.   Qui, en toutes circonstances, se tient debout.  Le « fan » n’attend pas sa pâture intellectuelle parce qu’il sait se nourrir à d’autres sources.  De plus, il n’a aucun besoin qu’on lui dise comment organiser ses journées. Il peut bien apprécier les propos d’un auteur sans en devenir acro. 

Sans aucun doute, à moins d’être un dictateur ou un tyran, le plus enrichissant pour un auteur, c’est d’exciter la curiosité de « fans » plutôt que d’accumuler les « followers ». 

Chose rassurante toutefois, le « follower » peut devenir « fan » du moment où sa conscience s’élève.

Et vous, êtes-vous « follower » ou « fan »?

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